Plus de deux ans après ses coups de feu à Matam : où en est-on avec le dossier judiciaire de Farba Ngom?

Depuis mercredi dernier, Bamba Fall, maire de la Médina, Bira Kane Ndiaye, Directeur de Cabinet de Khalifa Sall, maire de Dakar et plusieurs jeunes du Parti socialiste proches de Khalifa Sall sont entre les mains de la Justice. Avec à la clé, trois retours de Parquet et un face-à-face avec le juge d’instruction en charge de leur dossier, finalement, raté. 

Actusen.com profite du cas Bamba Fall et Cie, pour replonger ses internautes dans l’affaire Farba Ngom, griot attitré du Président de la République, qui avait tiré plusieurs coups de feu, lors d’une manifestation politique à Matam, été convoqué par le Procureur de la République et dont le dossier semble avoir été rangé, depuis lors, dans les tiroirs décatis de l’oubli.

En 2014, le griot attitré du Président de la République dégainait son arme et brûlait le ciel avec plusieurs coups de feu, lors de violents affrontements entre militants de l’Alliance pour la République de Ogo, dans le département de Matam.

Quelques heures plus tard, Farba Ngom est convoqué par la justice, après que le Procureur de la République près le tribunal régional de Matam, qui avait annoncé des représailles contre les instigateurs de ces violences.

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, sommé de déférer à sa convocation d’alors, Farba Ngom s’était offert, à l’époque, le luxe permissif de se la couler des jours heureux à Dakar, à des centaines de kilomètres des lieux où il a tiré plusieurs coups de feu, avant de répondre à la justice. Depuis lors, l’affaire Farba Ngom semble être l’objet d’un enterrement de première classe.

Plus de deux ans, qu’on n’en parle plus ! Farba Ngom, que beaucoup décrivent comme un indépendant, un brin tête brulée, du fait surtout de sa proximité avec le Président de la République, qu’il présente sous les traits de son frère, vaque librement à ses occupations. Loin de ses coups de feu qui continuent de faire bourdonner les oreilles de ses frères « ennemis » de l’Alliance pour la République, Parti du Président Macky Sall.

Dans cette affaire Farba Ngom, le Procureur Cheikh Diakhoumpa a inscrit son nom en lettres de noblesse…

On se rappelle, certes, que le Procureur de la République près le tribunal régional de Matam, Cheikh Diakhoumpa, avait voulu, coûte que coûte, tirer cette affaire au clair. Mais ce fut peine perdu ! D’autant qu’à l’époque, il aurait, selon la presse, reçu une lettre de son supérieur hiérarchique, le sommant de s’expliquer. Histoire de justifier les raisons qui l’ont poussé à convoquer un député, sans en référer à son autorité.

Ce, « même si ce même député s’est rendu coupable d’avoir dégainé son arme à feu lors d’une manifestation politique. Il s’agit de flagrant délit ici et le mis en cause a avoué avoir tiré des coups de feu. Je ne vois pas alors pourquoi on en fait tout un foin. A moins que la Justice soit aux ordres», s’étrangle un juge qui s’est confié en avril 2014 à L’Observateur.

A l’origine de l’étude comparative entre les affaires Farba Ngom et Bamba Fall & Cie

Si Actusen.com replonge ses internautes dans l’affaire Farba Ngom, c’est parce que, depuis quelques jours, le maire de la Médina, Bamba Fall, le Directeur de Cabinet du maire de Dakar, Bira Kâne Ndiaye, ainsi que plusieurs autres jeunes du Parti socialiste sont entre les mains de la justice. Ils sont à leur troisième retour de Parquet, depuis vendredi 6 janvier 2017. Après que le face-à-face entre le juge d’instruction et leurs avocats a tourné au vinaigre.

Aussi, à l’origine de ce rappel historique : les affaires Farba Ngom et Bamba Fall & Cie partagent un dénominateur commun : une manifestation politique ayant débouché sur des scènes de violences. Sauf que les socialistes n’avaient pas eu l’outrecuidance de pousser le bouchon aussi loin que Farba Ngom, en dégainant des armes et en déchirant le ciel avec plusieurs coups de feu lors d’une rencontre politique à Matam.

S’y ajoute le fait qu’un de ses frères de Parti avait porté plainte contre Farba Ngom pour coups et blessures volontaires. Non sans accuser des membres de l’entourage du griot du Chef de l’Etat de l’avoir brutalisé.

Daouda Thiam, Actusen.com


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